Rendu immobile à l’arrêt du chef de filel, le Gaspard de queue se pose là, et attend !
C’est peut-être ça le plus provoquant, son attente immobile que rien ne distrait. Si on le représente comme miroir des autres, c’est encore plus insupportable.
Hier soir, à l’heure de la pause, un homme nous parle alors que nous nous délassons dans le café, place des Thébaudières.
L’endroit est devenu notre refuge public. On y tient des discussions de bistro. Un consommateur insiste pour en savoir davantage sur notre but. « Y’en a pas ! » « Il y a une volonté de départ mais pour le but, ce n’est pas nous qui en décidons ! »
L’homme retourne au comptoir, insatisfait.
Aujourd’hui, les Gaspard en sont là. Plus d’objectif ! Il y a bien cette volonté d’apprendre encore et encore mais d’objectif à tout ça, je crois que s’il y en avait un au démarrage, il s’efface au fil des sorties.
Nous sommes entrés dans l’intimité du quartier. Nous faisons partie des meubles et de l’immeuble.
Où ça va, tout ça ?
Nous connaissons de plus en plus de choses, de mouvements, de paroles, d’habitudes. Nous rencontrons de plus en plus de personnes, enfants, ados, parents. Pourtant nous avons tous la certitude que rien n’est fait, tout est incomplet.
Lors des trainings quotidiens, les improvisations se développent de manière hachée.
Il y a des trous dans nos interprétations.
Le lien n’est pas encore sensible.
On a beau dire que tout ce qui se produit vient du Sillon et de ses acteurs, ça ne suffit pas. Il nous faut aujourd’hui trouver le lien, la chose qui nous révélerait, à nous mêmes, le but.