Jour de la libération du joug SS, jour de bourrasques et du lancinant bruit du vent dans les entrées de l’immeuble. Ce sifflement nous entraîne dans de drôles de pensées nostalgiques des escapades sur les chemins escarpés, en haute altitude, des montagnes des Pyrénées. Du haut de notre 12ème étage nous sommes à nouveau dans l’attente. Personne ne traverse l’espace entre arbres, bitume, et pelouse qui s’offrent à nos yeux. Les 1200 habitants se sont réfugiés dans les appartements et rien ne les fera sortir. On aurait pu voir un Gaspard courant après sa casquette qui suit le flux du vent, traçant des trajectoires improbables. On aurait pu en voir un autre, immobile, le pantalon flottant et dégoulinant de l’eau de pluie. On aurait pu. La crainte du froid, de la pluie, de demander à des comédiens d’œuvrer dans des conditions difficiles, a interdit ces écarts. La prochaine fois peut-être ! A la place, on a eu des séances massages (Adam s’est fait très mal en tombant hier), et improvisations à partir des mouvements appris ces derniers jours ; le petit train-train de comédien !