SAINT-HERBLAIN Lundi 7 mai
Par Cie Le Sablier, lundi 7 mai 2007 à 19:42 :: Le petit journal de Saint-Herblain :: #238 :: rss
Jour 5 Les doigts s’animent en bordure de la visière de la casquette de Gaspard.
Une petite jeune femme a ramassé la casquette posée devant les chaussures de sécurité du personnage au costume étriqué.
Elle parle tout le temps comme le font certaines personnes quand elles se parlent à elles-mêmes.
La jeune femme bouge ses doigts et Gaspard reproduit ce drôle de jeu. Sensible apprentissage !
Nous marchons un peu puis elle reprend la gesticulation qui donne une danse pour les doigts sur visière de casquette rouge.
Devant le centre socioculturel du Sillon elle finit par : « je dois vous laisser et je vais chercher mon chien ! »
La casquette posée sur le trottoir, Gaspard attend un nouveau spectateur.
Après une heure de quasi immobilité, la ballade s’est amorcée et ne va pas cesser jusqu’à l’heure de la pause.
Un passant ramasse l’objet de convoitise et trimbale le Gaspard d’entrées d’immeubles en espaces de jeux pour enfants.
Courses, arrêts, immobilités et sculptures, tout y passe et Gaspard apprend. Même les jeux limites, les gestes provocants,
les paroles déplacées, Gaspard apprend tout ce qui lui tombe sous les yeux.
Moment de crainte lorsqu’un jeune ado trouve un poteau anti-stationnement de forme phallique ! On sculpte Gaspard dans des poses appropriées et ça fait rire la galerie jusqu’à ce qu’une ado décide de faire cesser ce petit manège.
Elle prend d’autorité le personnage à sa charge. « Ils sont bêtes hein ! » Elle pique un sprint puis s’arrête 50 mètres plus loin pour immobiliser le personnage en lui collant sa casquette sur la tête et en lui sculptant un doigt d’honneur face aux mômes qui déjà rappliquent.
Un jeune adulte survient et là tout s’arrête. Il dirige alors les opérations d’apprentissage, le plus souvent plié en deux par l’effet des crises de rire qui nous entraînent dans une danse syncopée. Les jambes s’entortillent
les genoux se plient et la bouche s’écarte en larges sourires.
Un spectateur, plus jeune, arrive sur ces « entres rires ».
Nous voilà partis pour une autre entrée. Il marche en traînant les pieds. Nous rejoignons un petit groupe dans lequel un grand ado, très bien coiffé, très bien habillé façon « jeunes des quartiers », tente, sans patience, d’enseigner quelque passe de danse hip-hop. L’autre reprend son bien et court en direction de l’angle d’immeuble qui le rendra invisible pour ses potes.
On danse tous les deux mais cette fois cela ressemble plus à des pas et des sauts de danse classique.
L’apprentissage stoppe rapidement quand d’autres jeunes arrivent sur nous.
Il pleut un peu ! Je colle au plaisir d’être dans ces situations tellement humaines, tellement vraies, sincères, presque fraternelles !
Au loin, j’aperçois Catherine et Catalina de l’Agence Culturelle de Saint-Herblain.
Elles ne manquent pas une journée de Gaspard.
Demain nous en reparlerons !
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