BUCAREST - Lundi 12 février 2007
Par Cie Le Sablier, lundi 12 février 2007 à 21:06 :: L'edito de la résidence :: #287 :: rss
J-5… la première est dans 5 jours… Le compte à rebours est lancé. Les journées de travail s’allongent, la fatigue commence à se ressentir chez chacun de nous mais devant l’imminence de la représentation, l’équipe semble plus que jamais concentrée : chacun s’est accaparé son personnage, le rythme devient plus fluide, les gestes plus précis. Le travail de Claire et de Jérôme accompagne désormais les répétitions. Vidéo et musique électro-acoustique donnent une nouvelle dimension au propos du spectacle; tantôt appuyant le jeu des comédiens, tantôt s’en détachant pour esquisser leur propre univers.
A travers la réflexion portée sur les enfants sauvages se dégagent les questions de la violence du regard sur l’ « autre, le différent », du rapport à l’ « étrange et l’étranger » de la brutalité de l’éducation, de la négation de sa propre identité… En cette heure glorieuse de construction européenne, ces questions semblent faire écho aux discussions de notre équipe franco-romano-russo-polonaise. D’empreinte européenne, nous ne percevons ici que des hypermarchés de marque française, des panneaux publicitaires colossaux et des holdings fraîchement installées. La volonté d’une hégémonie culturelle européenne semble en marche. La plupart des bâtiments municipaux arborent fièrement le drapeau européen, même les voitures ont leur petit fanion comme autant de signes de la nouvelle ère qui s’annonce. Pas de place pour le passé, aucun désir de mémoire. Les souvenirs douloureux d’une période où régnait le génie des Carpates semblent encourager cette amnésie. Mais l’avènement de cette culture européenne commune, chère à Strasbourg et à Bruxelles, ne laisse apparaître qu’un système libéral effréné, où tout se monnaie et tout s’achète. Pas de doute, l’ère économique européenne est bien en place… quant à celle des identités culturelles et des échanges interculturels, elle semble n’avoir que très peu de place, si tant est qu’elle en ait déjà eu une.
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