BUCAREST - Lundi 12 février 2007
Par Cie Le Sablier, lundi 12 février 2007 à 20:54 :: L'edito de la résidence :: #284 :: rss
Après les interventions urbaines qui ont mené la compagnie Le Sablier à travers la France, la Pologne et la Roumanie, la compagnie s’installe à Bucarest, dans le théâtre Masca Noï, pour une résidence de trois semaines, dans le cadre du projet des Gaspard, enfants sauvages de l’Europe.
Des quartiers de Lublin (Pologne), Brasov et St Herblain (France), l’équipe européenne a ramené dans ses bagages les multiples histoires qui se sont créées entre elle et la population. Les comédiens, surnommés Gaspard, ont rejoué l’arrivée de Gaspard Hauser, l’enfant sauvage de Nuremberg. Apparu sur la place publique de la ville en 1828 à l’âge de 16 ans, Gaspard Hauser devint rapidement le centre d’intérêt de la société bavaroise de part l’énigme de son ascendance, le mystère de son message et la rapidité de son initiation des codes culturels et sociaux.
S’exposant à leur tour, les comédiens ont été sujets à l’apprentissage et la prise en charge par la population, dans un extraordinaire rapport à l’étrange, à l’étranger et à l’étrangeté. De ces rencontres, l’équipe a conservé les gestes appris mais aussi des images vidéo et des traces sonores, narrations d’une histoire dont tous ont été acteurs.
La création scénique qui résultera de la résidence (représentations prévues les 15 et 16 février au théâtre Masca –Militari-) est une collaboration avec l’ensemble de l’équipe artistique témoin et initiateur de ces rencontres. Sur le plateau, les acteurs se retrouvent en situation d’enfants sauvages, par leur inclination à oublier ce qu’ils sont pour devenir le personnage qu’ils seront lors de l’exposition scénique. La création se propose d’explorer le chemin de l’apprentissage et de ses écueils : la perte temporaire de leur identité, l’oubli de ce qui les a constitués, la menace qu’ils représentent pour les sociétés de par le regard naïf porté sur les choses, les êtres et les rapports humains. Cette création contemporaine, portée par les images mixées en live et la composition électroacoustique, fixera les souvenirs des quartiers investis. Les récits des enfants sauvages « arrivés au monde » par le plus mystérieux des hasards, tisseront le lien du passé au présent, cristallisant aussi nos peurs ancestrales comme notre besoin de croire coûte que coûte à un salut improbable.
Projet artistique de coopération européenne associant le Centre Culturel de Lublin (Pologne), et l’association Persona de Bucarest, les Gaspard, enfants sauvages de l’Europe s’inscrit dans le cadre du programme CULTURE 2000, régi par l’Union Européenne.
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