Traversé la Hongrie grise puis la frontière sans encombre, là encore. Avais peur d’y rester des heures mais non. Route de nuit dans une grande partie de la Roumanie, de la Transylvanie par des routes parfois limites et une circulation de camions et de voitures de tourismes, des qui s’en revenaient d’ailleurs d’autres qui rentraient chez eux, des qui étaient pressés bravant tous les dangers, des qui ne l’étaient vraiment pas !

Nuit d’hôtel pour se reposer un peu, après 36 heures de camion.

Matin magnifique sur les monts jaunis par le gel du mois dernier. Plus loin Montagnes enneigées blanches et brillantes sous le soleil. Villages pittoresques, arrière-villages misérables peuplés de Roms indésirables au rang des autres. N’arrive pas à comprendre ce qui se passe entre ces trois populations Hongroises, Roms, Roumaines.

Route toujours, et pas de temps pour arrêter un peu le moteur.

Les photos manqueront au journal de bord. Les yeux n’avaient pas assez de voir et n’étaient que deux alors les mains n’ont fait que trois clichés et puis le reste c’est aux gens de le découvrir, je ne suis pas photographe et ne fais pas le voyage pour National Géographic.

Je suis à Bucarest pour travailler… pour écrire un spectacle sur et avec des enfants sauvages, je veux parler des comédiens, je veux parler des enfants sauvages des histoires et de l’histoire, je veux parler de moi bien sûr, je veux tenter de dire avec des mouvements, des paroles, l’étrange sensation d’être un enfant sauvage, l’étrange déception de ne pas l’être.

Encore un spectacle et peut-être le dernier.

C’est en tout cas le dernier, celui qui vient après tous les autres et peut-être sera-t-il sans suivant.

Pourquoi tenter d’écrire un spectacle ? Pourquoi tenter de décrire, de « dés écrire », pour dire quoi ? Pourquoi des pourquoi ?

Suite de jours, d’années de rencontres et de lectures, de musiques enregistrées et de concerts, de spectacles vivants, ceux des autres, d’amour avec des femmes, d’amours charnels, d’amour paternel…. Banale suite de mots et toujours pas de réponse.

Arrivée au Théâtre Masca-Noï. Là y’a des photos et c’est vrai que c’est quelque chose que ce théâtre. Tout de suite envie d’y travailler, d’y vivre quelques temps. Pour la description nous y reviendrons.

Le patron, Malaimare, dirige sa troupe dans un autre théâtre : Le Théâtre Masca dans le quartier de Militari. Il nous prête gracieusement son autre lieu. On va l’avoir un mois pour nous tout seul !!!

Bien ! Ca démarre quoi ! Quoi ? Bien ! Bien ? Oh, je ne sais pas ! Mais c’est parti !