Les Gaspard pratiquent l’immobilité entre 15 et 30 minutes, puis se trouvent embringués dans une promenade à travers le quartier qui ne nous paraît plus aussi grand que lors des premiers jours.
Le public, plus rare le matin, trouve le temps de parler des Gaspard en leur compagnie. Les balayeurs en profitent pour pratiquer l’enseignement du Gaspard dans des tâches utiles pour le quartier. Mais attention au chef d’équipe !
Discussion entre Gaspard avant de sortir :
- Quand nous marchons en compagnie d’un spectateur, sans qu’il ne nous apprenne rien, pourquoi reproduire ses moindres faits et gestes ?
- Dans la boîte que le Gaspard tend à qui veut, le premier jour, il y a le petit mot : « J’aimerai devenir comme celui qu’un autre a été un jour ! ». Donc le Gaspard garde tout de même cette volonté d’apprendre ou, tout du moins, reproduire.
- Cela signifie qu’il a une pensée organisée.
- Nous, acteurs et imposteurs, avons une pensée organisée comme un langage (comme disait le grand Jacques!). Nous reproduisons comme nous reproduisions les gestes et les mouvements de ceux que nous prenons en exemple.
- Se forger une image de soi, la répéter devant le miroir de nos jeunes années, c’est peut-être le sens de notre démarche.
- Plus que interpréter Gaspard Hauser, nous suivons le chemin déjà emprunté et réinterprétons l’enfant sauvage que chacun de nous était avant, au début, quand nous voulions devenir comme son père, ou le père dont le père parle, le père absent, le père qui rejette son fils aux frontières de son royaume...
- Cependant, il est question d’identité ! Nous forçons les choses pour devenir quelqu’un d’autre qui ne peut être soi si ce « soi » n’est pas confortable, paisible, refoulé par le groupe social, seul.
- Pourquoi reproduisons-nous les mouvements à connotation sexuelle ?
- Le libre arbitre comme l’esprit critique et la remise en cause font suite à une longue éducation. Notre Gaspard ne connaît rien. Tout est bon à prendre.
- Mais nous, acteurs nous savons ce que nous faisons.
- Tais-toi et court !