Pourtant, les choses s’accélèrent chaque jour un peu plus. C’est la dernière semaine, c’est les danses de la nuit lundi, jeudi et samedi soirs, c’est la projection du CD-Rom de l’an dernier vendredi soir dans la vieille ville. Tout le monde est sur le pont. Des choses à régler, pas forcément énormes, parfois épineuses, mais c’est tout le temps.

On prépare dans tous les coins, dans toutes les pièces disponibles à l’internat, dans les couloirs : du son, de la vidéo, des photos, de la lumière, des flyers ; le matin, la journée, le soir et bientôt une grande partie de la nuit. A l’extérieur, on s’active aussi, on fait des démarches pour trouver le bon matériel, des repérages sur site, des vérifications, des préparations d’installation pour ces prochaines danses.
Et, ce temps à faire toutes ces choses, c’est du temps en moins pour voir les Gaspard. On a à peine le temps de les voir dans la journée ou le soir. Peu de temps pour les voir jouer sur le terrain aussi, ces derniers jours. Pas le temps de les voir samedi, pas le temps de les voir ce matin. Alors que leur jeu évolue, s’étoffe chaque jour davantage. Je suis tout près d’eux, sur un nouveau terrain de regroupement choisi par les enfants. Une aire de jeu, à côté du grand terrain. Les Gaspard jouent tout le temps maintenant, depuis samedi. Ils courent beaucoup, font des « acrobaties » avec les enfants dans les jeux qui leur sont destinés, commencent à émettre des sons, à parler même.

C’est comme un enfant qu’on n’a pas le temps de voir grandir, quand on rate la première fois qu’il tient debout tout seul ou qu’il dit son premier mot. Ne pas voir les Gaspard en ce moment, c’est ressentir cette sensation, à la fois de la frustration, parce qu’on manque des moments où le jeu se modifie, mais aussi du plaisir à les retrouver un peu différents après une courte absence.