Lublin - jeudi 10 aout 2006
Par Cie Le Sablier, jeudi 10 août 2006 à 20:41 :: Le petit journal :: #67 :: rss
Mercredi 10 août 2006. L’arrivée de Claire dans le quartier n’a pas occasionné de perturbation dans le déroulement des élucubrations de nos Gaspard...
Elle a pu se balader seule dans le territoire comme si elle avait toujours été là. Ce n’était pas de l’indifférence mais une acceptation tacite de la venue d’un autre élément dans notre équipe.
Par contre, la gifle prise par Gaspard, sur l’aire de jeu côté sud, n’a provoqué aucune réaction malgré la stupeur non feinte des enfants.
Le jeu se déroulait normalement autour des structures en bois, en présence de très nombreux enfants de tout âge et de leur maman. Un homme, venant de nulle part, intervient dans le groupe des enfants surexcités, arrache la casquette rouge des mains du môme, la colle violemment sur la tête de « l’enfant sauvage » et lui flanque une belle baffe. Gaspard tombe raide sur la pelouse. Quelques 30 secondes d’hésitation pour les enfants stupéfaits de la violence et la bêtise de cet acte. Gaspard a pris la voie de la statue et continue à jouer. L’homme, sitôt son forfait accompli, est parti sans plus un mot, sans rouspétance des autres adultes, sans se retourner. L’homme ne semblait pas saoul. L’acte, incompréhensible pour toutes les personnes présentes, n’a pas pour autant soulevé plus de commentaire que ça ! Les adultes, comme à l’accoutumée, ont repris leur leitmotiv : ne touchez pas à l’acteur, etc.
Olivier Gaspard a choisi de continuer le jeu : « la violence ne gagnera pas… ».
Il y a des jours comme ça où on préférerait se trouver sur une de ces petites îles du côté de Vladivostok dont nous a parlé Dimitri, originaire justement de cet autre bout du monde. Il paraît que, là-bas, une rivière d’argent va se jeter dans la mer en formant un delta à dimension réduite, d’une beauté extraordinaire, où les vaches, en parfaite liberté, ont pris l’habitude de s’y baigner. Seules les têtes des bovins restent hors de l’eau, tandis que les petites vagues viennent les lécher.
Olivier nous disait que ce quartier lui faisait penser à celui de son enfance, quand les pères avaient l’autorité sur tout le monde. C’était au début des années 70, la femme se battait alors pour son droit d’expression sociale.
Maud hier nous a raconté aussi une part du temps de ses jeunes années. Tout le monde ici y pense… Et vous ?
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